On ne se rend pas compte lorsqu'on est enfant, du travail que cela représente de se nourrir.


C'est en grandissant et qu'il faut se débrouiller par soit même, que l'on comprend à quel point c'est difficile.
Lorsque, après des heures passés à travailler, une journée consacré à de plus ou moins adorables schtroumpfs à roulettes, on entend un chant bouillonant, une sorte de complainte sourde, des gargouillis rigolo pour certain, et un peu plus douloureux pour d'autres.

Et que l'on découvre avec horreur que le combat pour manger ne fait que commencer.

 

 

 

Après une bref mais intense réfléxion, j'arrive à une conclusion très simple. J'ai faim.


Je plonge mon regard dans les yeux déséspérément vide de mon frigo qui avec une extrême froideur me claque la porte au nez
. "Mademoiselle, me dit-il, vous ne m'avez pas rempli depuis des jours, vous êtes radine et si cela continue je vous rends mon tablier. Ce n'est pas une vie tout de même de me laisser ainsi...je me sens vide..vide de sens. Plus utille à ri....."

 

Allons bon, voilà mon frigo qui sanglotte et qui part dans un monologue psycho-dramatico-existentiel, on aura tout vu.


Je pars alors en expédition dans mon sac à main, espérant y trouver une pépite d'or.
Pas de pépite à l'horizon, mais je découvre avec surprise que je suis en possession d'un objet extraordinaire...si si je vous jure...une rareté comme on en croise peu. Ce bijou même si j'en ai souvent rêvé étant enfant, n'a aucune valeur financière à ce jour, car j'ai entre les mains, le sac sans fond de Marie Poppin's.
Après disparition complète de mon bras dans les entrailles de celui ci, je finis par ressortir quelques pièces.
Je brandis avec fierté ma trouvaille qui va peut être me permettre de mettre un truc dans mes pâtes.

Horreur...la caissière de franprix m'a refourgué une pièce de 2euros qui n'en est pas une.
Maintenant que je l'ai, impossible sans beaucoup de chance de m'en débarasser.

En d'autre temps elle aurait éguisé ma curiosité, j'aurais imaginé ses voyages, et ri en pensant au nombre de personne comme moi qui l'avait pas erreur jugé par son apparence.

Mais là je n'ai pas le temps, le frigo pleure toujours et mon estomac cri plus fort que jamais..ils font un sacré concert tous les deux, je devrais faire payer l'entrée.


J'observe enfin le reste de mes pièces avec dédain. Une petite farandolle de pièce de 1 et 2 centimes me font la nique, attendant surement que je les colle dans une petite maison au toit jaune. Elles peuvent toujours courir, j'ai d'autres projets pour elles (rire satanique).


Je file sur internet.

Trois cliques (et une claque), me voilà perdue dans les méandres de mon compte en banque,qui pour le coup ne me traite pas de radine, mais de féniasse.
Je m'énnerve, je m'insurge...y en a marre de se faire insulter à la fin. Deux chèques que je lui envoie toujours pas encaissé et un de mes "employeurs" qui ne m'a pas payé.
Je veux bien bosser jour et nuit s'il le faut, ça n'accélérera pas l'encaissement. Et pendant ce temps, ben j'ai plus d'argent.
Bon aller...mon compte fait preuve d'une générosité infini et m'annonce en se frotant les main que j'ai 4euros de découvert encore utilisable.

Reste à trouver un magasin qui prend la carte à partir d'un euro, là je dis, vive Paris.

 

 

 

Epilogue:

 Après un rapide passage au magasin, notre héroïne sécha les larmes de son frigo, fit chanter le four et claironner la plaque éléctrique.

Elle mangeât un copieux repas dont son estomac lui fût très reconnaissant et passât une bonne nuit.

 

Le frigo malgré ses menaces restât chez Mademoiselle encore quelque temps..l'avenir nous dira si leur relation tumultueuse tiendrât le coup....

 

Les pièces rouges ont fini dans une boite en métal où elles resteront jusqu'à ce qu'elles soient assez nombreuses pour être utile.

 

.....

 

FIN


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